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Khobar, Arabie saoudite - dimanche 30 mai 2004
Après Khobar, Ryad s’emploie à rassurer les marchés pétroliers

Alors que les forces spéciales saoudiennes ont mis fin à la prise d’otages de Khobar, l’Arabie saoudite s’efforçait dimanche de rassurer les marchés pétroliers et les principaux acteurs de l’extraction de l’or noir.
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Des entretiens étaient programmés dans la journée entre le ministre saoudien du Pétrole, Ali al Naïmi, et des dirigeants de compagnies pétrolières étrangères présentes sur le sol saoudien.

Avec l’attaque contre le complexe pétrolier d’Al Khobar, dans l’est du pays, et la prise d’otages qui a suivi, c’est la deuxième fois en moins d’un mois que le secteur pétrolier du premier exportateur mondial est la cible d’islamistes armés.

Le 1er mai, dans le port de Yanbou, sur la mer Rouge, cinq Occidentaux avaient été tués dans une opération contre les bureaux de la société de services ABB Group.

Samedi et dimanche, les islamistes s’en sont pris à un complexe résidentiel d’un des grands centres pétroliers du royaume wahhabite, tuant au moins seize personnes avant la prise en otages d’une cinquantaine d’étrangers. Le drame a été dénoué dimanche par l’intervention des forces spéciales saoudiennes, mais plusieurs otages ont été exécutés par le commando islamiste pendant l’assaut.

Cette instabilité nourrit les inquiétudes sur les marchés pétroliers, où le cours du baril flirtait de nouveau vendredi soir avec les 40 dollars.

Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé dimanche que ses activités se poursuivaient normalement sur l’ensemble de ses installations saoudiennes malgré l’attaque de Khobar.

"Aucune installation, aucun employé d’Aramco n’a été touché par les incidents de Khobar survenus le 29 mai 2004. Les opérations se poursuivent normalement dans toutes les installations de l’entreprise", annonce la compagnie dans un communiqué adressé à Reuters.

La priorité d’Aramco, poursuit-elle, est "d’assurer la sécurité de ses employés, (...) et installations en collaborant étroitement avec les autorités saoudiennes".

QUEL IMPACT SUR LES COURS ?

Alors que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) se réunit la semaine prochaine à Beyrouth, il n’est pas certain que ces assurances calmeront les intervenants des marchés pétroliers, où les transactions reprendront mardi après le long week-end du Memorial Day.

Yasser Elguindi, analyste de Medley Global Advisers à New York, évoquait dès samedi un possible "l’impact dévastateur".

"Cette attaque a dans une certaine mesure un effet sur les prix du pétrole, mais les choses peuvent se calmer à nouveau", avançait dimanche Peter Gignoux, spécialiste des marchés pétroliers de la firme new-yorkaise GDP Associates.

"C’était un terrible acte de terrorisme, mais il n’a pas eu d’impact sur la production ni sur les exportations pétrolières saoudiennes", expliquait-il.

L’Arabie saoudite pompe plus de 9 millions de barils par jour afin de calmer la spirale inflationniste des cours pétroliers.

En dépit de l’attaque de Khobar, les principales compagnies pétrolières occidentales ne semblent pas envisager de se retirer. "Je ne m’attends pas à un exode massif, mais des familles vont envisager de partir", note un cadre supérieur expatrié en Arabie saoudite.


Rédacteur : François Deoun
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