Les usagers souhaitent accéder dès aujourd’hui à des véhicules propres, techniquement viables, adaptés aux nouveaux concepts de mobilité durable, indépendant des carburants issus des énergies fossiles et économiquement abordables.
Ces offres existent chez certains petits constructeurs alternatifs contrairement aux grands constructeurs mondiaux. Mais malheureusement ils n’ont pas la crédibilité et la pérennité nécessaire pour satisfaire les consommateurs.
Des solutions de mobilités durables sont déjà expérimentées par de nombreux états, et pourraient être mis en pratique rapidement pour satisfaire aux usages de ces nouveaux véhicules électriques.
Un bilan catastrophique
Aux Etats-Unis, les deux grands constructeurs américains sont au bord de la faillite. Lors de son discours du 30 mars, le président américain Barack Obama a recalé les plans de restructuration élaborés par General Motors et Chrysler et sommé les deux constructeurs automobiles de présenter des solutions "viables", laissant ouvertement planer la menace d’une faillite.
Le chef de l’État a estimé que les plans "ne vont pas suffisamment loin pour justifier les nouveaux investissements substantiels que réclament ces entreprises" auprès des contribuables.
Pour en savoir plus :
President Obama on the Future of General Motors and Chrysler
Ford a annoncé une perte nette pour le quatrième trimestre de 5,9 milliards de dollars.
En Russie le premier constructeur national, Avtovaz (dont l’alliance Renault-Nissan détient 25% du capital), passe sous perfusion d’état en recevant un prêt de 550 millions d’euros "reconductible" et d’autres garanties bancaires.
GAZ, deuxième constructeur automobile de Russie connu pour la fabrication des Volga, va recevoir une garantie d’État à hauteur de 89 millions d’euros et le constructeur de poids lourds Kamaz devrait également bénéficier des mêmes conditions pour 102 millions d’euros.
En Europe, les constructeurs sont aussi dans des situations critiques et pour passer cette mauvaise passe, reçoivent aussi des soutiens financiers de leurs États respectifs.
Pour en savoir plus :
Le pacte automobile va au delà des prêts participatifs de 6,5 milliards d’euros
PSA clôture 2008 avec un chiffre d’affaires en baisse de 7,4%.
Renault clôture 2008 avec un chiffre d’affaires en baisse de 7%
Le Group BMW voit son chiffre d’affaires 2008 baisser de 5%
Volvo Cars a enregistré une baisse de ses ventes mondiales de 18,3 %
Les ventes de Suzuki France ont baissées de 5,8% en 2008
Au Japon, les constructeurs nationaux sont aussi minés par une crise qui a vu la production automobile domestique s’écrouler de 56 % en février et leurs exportations de 64 %.
Pour en savoir plus :
La production automobile baisse de 56,2% en février
Nissan annonce une perte nette totale de 265 milliards de yens pour l’exercice 2008.
Les ventes de Mazda baissent de 7,6% en 2008.
Un changement nécessaire
Face à ce bilan, des têtes commencent à tomber, comme celle de Rick Wagoner (CEO GM) révoqué directement sur ordre gouvernemental ou celle de Christian Streiff (Président du Directoire de PSA) dont le mandat à pris fin le 29 mars sur la volonté du Conseil de Surveillance du groupe.
Le premier constructeur automobile mondial, Toyota, a remplacé son PDG, Katsuaki Watanabe, par Akio Toyoda.
Honda a choisi Takanobu Ito, un pur ingénieur maison, pour succéder à Takeo Fukui.
Le moins que l’on puisse dire, en cette période de crise économique, est que l’on va assister à une restructuration complète de l’industrie automobile.
Mais n’est ce pas trop tard pour certains ?
Certainement, et il faudrait logiquement laisser faire la loi du marché pour assainir ce secteur industriel. Mais c’est très difficile à admettre pour de nombreux états par rapport aux répercutions sociales.
En tout cas, ceux qui s’en sortirons serons ceux qui parviendrons rapidement à rectifier leurs offres, pour proposer les véhicules souhaités par les consommateurs. Un peu à l’image de Smart, qui est l’un des rares constructeurs à afficher de la croissance sur 2008.
Est ce que cette crise va profiter aux petits constructeurs alternatifs ?
Nous pourrions penser que cette situation permettrait aux constructeurs alternatifs qui ont développé des véhicules électriques, comme Heuliez, Mega, Reva, Think, ou Zenn entre autres de prendre une certaine prédominance sur le marché.
Mais ils sont dans une phase de mise en production industrielle de leur prototype qui nécessite plusieurs dizaine de million d’euros d’investissement.
Et à l’image d’Heuliez ces derniers temps, qui est au bord du dépôt de bilan et qui se voit refuser des aides institutionnelles, ils sont tous en recherche d’investisseurs pour arriver à boucler leur projet industriel.
Ne faudrait il pas que nos gouvernements injectent les ressources des contribuables dans ces projets plutôt que dans une industrie moribonde qui se doit d’assumer ses erreurs ?